La saga des appareils auditifs – le financement

Comme tout le monde le sait, les appareils auditifs sont un luxe hors de prix. C’est un luxe dont nous avons cruellement besoin, malgré tout. Alors heureusement, nous avons accès à certains financements qui peuvent nous aider à acquérir ces petits objets qui pourront nous faciliter un peu la vie.

Les dossiers de financement - une activité à part entière !

Cette fois-ci, j’ai pu trouver des financements que je n’aurais pas cru possibles, et ce entre autres grâce à mes lecteurs ! Grâce à une lectrice en particulier qui m’a indiqué un lien très utile (merci Maryannick !!) qui tombait à point nommé. Malheureusement, je m’y suis prise un peu tard (en même temps, difficile de prévoir mieux avec une panne inattendue), et j’ai la chance d’avoir un audioprothésiste très patient, parce que sinon, ça n’aurait juste pas été possible.

Trouver les financements possibles

Il existe de nombreux financements possibles, selon les différents cas de figure de la personne sourde ou malentendante, son niveau de surdité, son âge, son type de handicap, etc. Par exemple, les personnes mineures, et jusqu’à 20 ans, bénéficient d’un tarif préférentiel de remboursement par la sécurité sociale. Les personnes sourdaveugles bénéficient du même tarif. Et les personnes qui ont une surdité de plus de 70dB ont droit à différents types d’aides de la part de la MDPH. Il est donc important de bien se renseigner.

La sécurité sociale

Vous trouverez toutes les informations sur la prise en charge des appareils auditifs par la sécurité sociale selon les différentes situations ici.

Pour les moins de 20 ans, « les prothèses auditives sont remboursées à 60 %, sur la base d’un tarif allant de 900 euros à 1 400 euros, selon la classe de l’appareil prescrit. » Le même remboursement s’applique aux personnes qui souffrent de surdité et de cécité, quel que soit leur âge.

Par contre, pour les plus de 20 ans, c’est beaucoup moins drôle : « Les prothèses auditives sont remboursées à 60 %, sur la base d’un tarif fixé à 199,71 euros, quelle que soit la classe de l’appareil prescrit. » Connaissant le prix d’un appareillage auditif, ça ne fait pas lourd !

Une fois que vous avez acheté vos appareils, pensez à demander une feuille de soin tous les ans à votre audioprothésiste, afin de vous faire rembourser des frais d’entretien, piles, embouts, etc. : « Ces frais d’entretien sont pris en charge par l’Assurance Maladie sur présentation des justificatifs de dépenses. Ils sont remboursés à 60 % sur la base d’une allocation forfaitaire annuelle fixée par la LPP* à 36,59 euros par appareil. »

Si vous êtes à la CMU, alors vous bénéficiez d’une meilleure prise en charge de votre appareillage. Vous pourrez vous faire rembourser jusqu’à 1400 euros pour un appareillage bilatéral tous les quatre ans. Vous trouverez plus de détails ici.

La mutuelle

Alors là, bien sûr, la prise en charge des appareils dépend des mutuelles. Si vous avez la chance d’avoir une bonne mutuelle, vous aurez peut-être un remboursement conséquent. Pendant plusieurs années, à chaque fois que la date de renouvellement de ma mutuelle approchait, je me lançais dans une grande recherche sur internet, pour trouver enfin LA perle rare de la mutuelle qui rembourse bien les appareils auditifs sans me coûter un bras chaque mois. Eh bien je n’ai pas trouvé. J’ai fini par abandonner, après m’être rendu compte que la plupart du temps, une mutuelle qui rembourse bien les appareils auditifs coûte aussi cher que si je mettais de l’argent de côté chaque mois pour acheter les appareils moi-même. Pas la peine, donc.

Attention ! Si votre mutuelle dit qu’elle rembourse les appareils à 100%, n’oubliez pas que cela signifie simplement qu’elle complète le remboursement de la sécurité sociale sur la base de son tarif de 199,71 euros par appareil.

AGEFIPH ou FIPHFP

Voilà le financement que j’ai découvert cette année. En tant qu’auto-entrepreneur, je ne pensais pas avoir droit à un financement d’un organisme qui finance avant tout les salariés. Et en fait si !!

Si vous êtes entrepreneur, indépendant ou salarié du secteur privé, vous aurez droit à une aide de l’AGEFIPH. Il s’agit d’un montant forfaitaire maximum de 700 euros par appareil, 1400 euros pour 2 appareils. C’est toujours ça de pris ! Et il est possible d’avoir un financement de la MDPH aussi !

Si vous êtes employé dans le secteur public, alors il faudra vous tourner vers le FIPHFP pour obtenir un financement. Je n’ai pas eu d’expérience directe avec cet organisme, donc je me rends moins bien compte des délais, ou des conditions. Apparemment, le FIPHFP finance jusqu’à 3000 euros pour trois ans.

Par contre, pour obtenir un financement de la part de ces organismes, il est obligatoire d’avoir une reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH), ou d’en avoir fait la demande à la MDPH (une preuve que le dossier est en cours peut suffire).

Alors par contre, si on est en recherche d’emploi, ou sans emploi, ces organismes ne semblent pas être adaptés. Auquel cas, il faut se tourner vers la MDPH (maison départementale des personnes handicapées).

MDPH

La MDPH, c’est LE financement incontournable à demander. Et c’est important d’effectuer cette demande (le plus tôt possible, comme on le verra par la suite).

Je reprends encore une fois le site du Bucodes SurdiFrance :

« La Prestation de Compensation du Handicap ou PCH est une aide financière apportée par les MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées) aux personnes reconnues comme handicapées. Elle est soumise à diverses conditions.

  • Conditions administratives : il faut justifier d’une résidence stable et régulière en France métropolitaine. Les personnes étrangères (hors communauté européenne) doivent en outre justifier d’une carte de résident ou d’un titre de séjour.
  • Conditions d’âge : avoir moins de 60 ans. Cet âge est porté à 75 ans si on peut justifier d’une reconnaissance de handicap (donc de surdité même partielle) avant l’âge de 60 ans ou si la personne a une activité professionnelle rémunérée. Une activité de bénévole n’est pas prise en compte.
  • Conditions de handicap : il faut que soient reconnues une difficulté absolue ou 2 difficultés graves dans la réalisation d’activités inscrites dans une liste qui comprend cinq domaines : mobilité, entretien personnel, communication, tâches et exigences générales, relations avec autrui.
  • Les déficients auditifs entrent dans le domaine de la communication. Quatre cas y sont répertoriés, dont les deux suivants :
  • difficulté à entendre (percevoir les sons et comprendre)
  • difficulté à utiliser les appareils et techniques de communications : le téléphone en fait partie.

Normalement on considère que :

  • si la perte auditive moyenne est supérieure à 70 décibels, il y a difficulté absolue à entendre ;
  • si la perte auditive est inférieure ou égale à 70 décibels, il faut prouver que l’on a deux difficultés graves : entendre et utiliser les appareils de communication, notamment le téléphone. »

En gros, le PCH finance 399,42 euros par appareil si notre perte auditive est inférieure ou égale à 70 dB, et 599,13 euros pour une perte supérieure à 70 dB.

Mon expérience avec la MDPH

Pour moi, le dossier de la MDPH s’est toujours fait en deux temps : le dossier passe à une première commission, où il est refusé systématiquement parce que je n’ai pas une perte supérieure à 70 dB. En fait, je n’ai pas droit à la PCH. Peut-être parce que je ne prouve pas assez bien qu’il m’est très difficile d’utiliser le téléphone, par exemple. Il faudra que j’insiste sur ce point la prochaine fois et je verrai si ça change quelque chose.

Puis le dossier passe devant le comité de gestion du fonds départemental de gestion du handicap (FDC). Là je reçois tout un tas de papier à remplir pour justifier de mes ressources, de mes charges, etc. En général, j’ai droit à un financement de la part de ce comité.

Toutes ces démarches avec la MDPH prennent vraiment beaucoup de temps. Surtout si on n’a pas droit à la PCH et qu’on doit passer devant le deuxième comité. D’ailleurs, j’ai commencé à monter mon dossier en avril-mai, j’ai dû l’amener à la MDPH en juin, et je viens juste de recevoir aujourd’hui la réponse du deuxième comité. Et c’était rapide !! La dernière fois, ça avait pris 9 mois.

Il faut penser que ces délais sont variables d’une MDPH à l’autre. Je ne sais pas non plus si le fonds départemental de gestion du handicap est disponible partout, et si c’est la MDPH qui s’en occupe dans tous les départements. Si vous le savez, n’hésitez pas à nous renseigner !

Monter les dossiers de financement

Le dossier de la MDPH est celui qui prend le plus de temps. C’est donc important de penser à le préparer en premier.

Lorsque c’est possible, démarrez les dossiers de financement avant de commencer le mois d’essai des appareils. Les dossiers demandent des devis, donc cela vous permet d’aller voir chez quelques audioprothésistes et de faire des comparaisons, mais c’est une bonne idée de démarrer les dossiers avant de prendre les appareils, à moins que votre audioprothésiste soit très patient (comme le mien…).

Par contre une fois les accords de financement reçus, il ne faut pas trop tarder avant d’envoyer les factures, sous peine de perdre les financements (pour les financements AGEFIPH, on a trois mois pour clore le dossier et demander le financement, sinon c’est annulé).

Se faire aider pour monter les dossiers

Quand je me suis retrouvée devant le dossier AGEFIPH et le dossier MDPH à monter en même temps, j’ai commencé par procrastiner sérieusement pendant plusieurs semaines. Ce n’était pas évident de remplir tous ces papiers !

J’ai fini par demander de l’aide. Bien m’en a pris ! J’ai contacté le SAMETH de ma ville, j’ai eu un rendez-vous dans la semaine. J’ai rencontré une conseillère qui m’a aidé à remplir les formulaires et surtout à déterminer les pièces que je devais joindre au dossier. Et en tant qu’indépendante, ce n’était pas évident à savoir.

Vous pouvez trouver les coordonnées du SAMETH de votre département sur le site de l’AGEFIPH. En Charente, en tout cas, ils sont très réactifs et ils m’ont bien aidée.

Il est possible aussi de se tourner vers des associations de malentendants pour trouver de l’aide pour remplir les dossiers, et la MDPH propose aussi de l’aide pour remplir son dossier.

Voilà donc en gros les démarches à faire pour se faire financer.

Si vous avez trouvé d’autres organismes financeurs, n’hésitez pas à partager dans les commentaires ! Et si vous avez des astuces pour simplifier les démarches aussi !

 

La saga des appareils auditifs – Le choix des appareils

Alors, les quelques jours promis avant le prochain article se sont transformés en plusieurs mois, mais voici enfin la suite de la saga des appareils auditifs ! Si vous avez manqué les premiers épisodes, vous pouvez trouver le premier ici, et le deuxième ici.

L’importance de l’audioprothésiste

Une fois l’audioprothésiste trouvé – et j’insiste sur l’importance de cette étape, parce que j’ai parlé à plusieurs personnes récemment, qui se retrouvent dans des situations difficiles parce que l’audioprothésiste chez qui ils ont pris leurs appareils n’est pas à la hauteur de leurs attentes, ou ne parvient simplement pas à régler les appareils correctement – une fois cette perle rare trouvée, donc, il faut choisir les appareils !

Il y a de nombreuses marques sur le marchés, de nombreux modèles, et de nombreuses gammes d’appareils auditifs. Il y a largement de quoi s’y perdre. En plus, la technologie évolue constamment, et ce n’est pas évident de rester au courant des évolutions. C’est pour cela qu’il est absolument primordial de trouver un audioprothésiste compétent, en qui on peut avoir confiance.

Je m’étais déjà rendu compte il y a quelque temps que nous sommes vraiment dépendants de notre audioprothésiste (d’ailleurs il me semblait avoir écrit sur ce sujet, mais je ne retrouve rien, donc il y a matière pour un article là-dessus…). Parce que même si on connaissait toutes les marques disponibles, comment savoir laquelle est la plus adaptée à notre surdité, et à notre style de vie ? Et quel modèle est le mieux adapté ?

J’ai essayé à un moment de me renseigner sur toutes les marques qui existent, sur toute la technologie disponible pour aider les malentendants. Mais c’est impossible d’avoir accès à tout, de tout comprendre et assimiler, et d’en tirer les informations nécessaires pour faire un choix éclairé. Ce serait génial s’il existait un site indépendant qui teste les appareils et le matériel technologique, un peu comme Les numériques, mais version aides auditives. Si ça existe, je ne l’ai pas trouvé. Et en attendant, nous avons besoin de notre audioprothésiste pour nous guider dans cette jungle technologique.

Comment choisir ?

Certains audioprothésistes travaillent seulement avec certaines marques. Il y a même des audioprothésistes qui ne travaillent qu’avec une ou deux marques ! Alors forcément, dans ce cas-là, le choix sera vite fait ! Une des raisons pour lesquelles j’ai choisi mon audioprothésiste actuel, c’est qu’il travaille avec toutes les marques. Du coup, mon choix n’était pas limité dès le départ à une poignée de possibilité.

Après, on peut avoir des préférences. Certaines personnes préfèrent la discrétion d’un intra, tandis que d’autres préfèrent la clarté de son d’un contour d’oreille. Certains appareils sont plus adaptés à des surdités légères, d’autres peuvent compenser des surdités plus sévères.

Cela peut être utile de choisir une gamme d’appareils qui a un peu plus de puissance que notre perte auditive actuelle, juste au cas où. Parce que si une petite perte supplémentaire peut être compensée en un simple réglage, c’est quand même beaucoup plus facile à gérer que de devoir en plus changer d’appareils.

L’importance, pour aider l’audioprothésiste à nous présenter les bonnes gammes d’appareils, c’est de lui expliquer nos besoins. En étant entrepreneure et active, je n’aurai pas les mêmes besoins qu’un enfant qui doit pouvoir se concentrer sur les cours à l’école, ou qu’un retraité, ou même qu’un salarié qui travaille dans un endroit bruyant, etc. Chacun a des besoins spécifiques qui sont liés à sa surdité et aussi à son mode de vie.

C’est important de voir aussi s’il y a des accessoires qui pourraient nous être utiles, même si on ne les prend pas immédiatement. Si l’audioprothésiste sait que vous pourriez être intéressé par la possibilité d’avoir le son de votre téléphone en bluetooth ou en boucle magnétique dans les appareils, ou que vous souhaitez peut-être plus tard avoir un accessoire pour avoir le son de la télévision dans les appareils, il pourra vous conseiller une marque d’appareils qui est compatible avec ce genre d’accessoires.

Quand je suis allée voir mon audioprothésiste, j’ai expliqué que l’accessoire qui m’intéressait avant tout, c’était le micro déporté. C’est un micro que je peux donner à quelqu’un ou mettre au milieu d’une table, et qui va capter ce que chacun dit pour le transmettre à mes appareils. C’est très pratique. Parce que j’avais cette demande, il m’a proposé tout de suite une marque qui me permet d’avoir le micro qui communique directement avec les appareils, sans collier en plus comme dans la plupart des marques. C’est très appréciable.

Après, il y a le niveau de gamme de l’appareil. La plupart du temps, les bas-de-gamme ont moins de réglages possibles que les haut-de-gamme. Certaines finesses de réglage peuvent ne pas se ressentir, et c’est là que cela vaut le coup de profiter du mois d’essai que la plupart des audioprothésistes proposent.

Et bien sûr, une partie du choix va aussi dépendre de l’aspect financier… Mais nous en parlerons dans le prochain article !

La saga des appareils auditifs – l’audioprothésiste

Cet article est le deuxième d’une série d’articles où je partage mon expérience lors du renouvellement de mes appareils auditifs. Si vous n’avez pas lu le premier article de la série, vous pourrez le découvrir ici !

L’audioprothésiste

La deuxième décision à prendre, c’est l’audioprothésiste. Est-ce que je continue à aller voir celui chez qui je vais depuis 8 ans, même s’il est loin, que ce n’est pas pratique et que certains de ses commentaires et remarques m’ont bien montré que nous ne partageons pas les mêmes valeurs ?

RDV chez l'audioprothésiste

Ou bien est-ce que je choisis un audioprothésiste plus près de chez moi, quitte à établir une nouvelle relation ?

Impossible de prendre cette décision sans aller voir quelqu’un près de chez moi, pour voir. J’ai commencé par Amplifon, qui m’avait été recommandé par des professionnels de l’association Diapasom. L’avantage, c’est que leur centre est à moins de 10 minutes à pied de chez moi. Très pratique, donc.

J’y suis passée un midi alors que j’étais justement dans les parages. Ça m’a permis de me familiariser avec le lieu et les gens et de voir si l’ambiance me convenait. Et j’ai rencontré un des deux audioprothésistes du centre et pris rendez-vous avec lui quelques jours plus tard, à un moment où il aurait du temps à m’accorder. Premier contact très agréable dès le départ. D’abord, parce que je le comprenais très bien, et aussi parce que j’avais l’impression d’être vraiment écoutée.

Le premier rendez-vous

Le moment du rendez-vous attendu est arrivé, et je n’ai pas été déçue. J’ai eu droit à un audiogramme très complet, sans appareils d’abord, comme chez l’ORL, puis avec les appareils, pour vérifier la récupération que j’avais. Je n’avais jamais fait cela !! En 8 ans d’appareillage, JAMAIS mon audioprothésiste ne m’a fait passer un test pour vérifier ce que je parvenais à entendre avec les appareils.

Et là, je me suis rendu compte que ma récupération était très faible. Pour les fréquences graves, les 250 et 500 Hz, eh bien que j’aie des appareils ou non, cela ne changeait rien. Pas un iota de plus avec les appareils. Pour les médiums, peut-être 10 à 15 dB de récupération, donc très peu par rapport à ma perte qui va jusqu’à 70 dB selon les fréquences. Pour les aigus, eh bien il n’y avait pas beaucoup d’amélioration non plus mais j’entends assez bien les aigus, donc ce n’était pas un souci. Par contre, on a fait un test de compréhension vocale. Et là, j’ai compris pourquoi j’avais tant de difficultés ! En fait, je comprenais tous les mots à 60dB. Par contre, à 50 dB, je n’en comprenais que la moitié. Et à 40 dB, je n’en comprenais pas un seul !

Le nouvel audioprothésiste m’a expliqué que 60 dB, c’est à peu près le volume de la parole pour les gens qui parlent assez fort. Mais que la plupart des gens ne parlent pas constamment à 60dB. Ils ont des moments où la voix est plus forte, et des moments où elle est moins forte. Et là, j’ai compris ma difficulté avec les personnes dont la voix a beaucoup d’inflexions. Il y a des pics de volume suivis par des moments où cela n’est pas assez fort. Au final, je n’arrive pas à avoir une compréhension globale de ce qui est dit. Et voilà pourquoi j’avais tant de mal à comprendre. Et aussi pourquoi il n’y avait que peu de différence entre mon audition avec et mon audition sans les appareils.

Ce premier rendez-vous m’a confortée dans mon idée de changer d’audioprothésiste. Enfin, j’avais une visibilité sur ce que mes appareils m’apportent vraiment ! Cela devrait être obligatoire !!

Je partagerai la suite de mon parcours dans mon prochain article, dans quelques jours ! Et si vous avez des questions ou commentaires en attendant, n’hésitez pas !

La saga des appareils auditifs – La panne

La panne

Il y a trois semaines, par un beau dimanche matin, mon appareil gauche est tombé en panne. Entendez par là que ce matin-là, impossible de l’allumer. J’ai changé la pile, tout ça, mais rien. Paniiiiique !!

Appareils en panne

J’ai écrit à mon audioprothésiste en plein dimanche, pour lui demander si cela serait possible de le voir en urgence le lendemain pour voir ce qu’on peut faire. J’ai eu la chance que mon audioprothésiste travaille aussi chez lui le dimanche, et me réponde dans l’heure qui suivait pour me donner une heure de rendez-vous le lendemain. Oui, parce que je n’avais pas changé d’audioprothésiste depuis mon premier appareillage en 2009, et j’ai déménagé entre temps. Du coup, il est maintenant à une centaine de kilomètres de chez moi, ce qui n’est pas très pratique, il faut bien en convenir.

Branlebas de combat !

Le lendemain, donc, me voilà partie en train pour un passage éclair à Bordeaux. Et là, en discutant avec mon audioprothésiste, je me rends compte que mes appareils ont déjà 5 ans. Ils sont quasiment en fin de vie. Il est donc relativement normal qu’ils tombent en panne.

Ceci dit, c’est la première fois que j’ai un appareil qui tombe en panne. Je n’avais jamais vécu ce sentiment d’anxiété que soudain, l’outil qui m’aide tous les jours ne s’allume juste plus, et la question lancinante de : comment faire maintenant ??

L’audioprothésiste a regardé mon appareil, et a confirmé : il était mort. Ce n’était pas la pile, ni le haut-parleur déporté. Nous avons décidé de l’envoyer chez le fabricant pour avoir un diagnostic malgré tout. Mais, en regardant les factures, il m’a expliqué que vu leur âge, cela ne valait peut-être pas le coup de le faire réparer. Et il m’a prêté un appareil en attendant que je décide de ce que j’allais faire.

L’appareil qu’il m’a laissé était un appareil de prêt. Ce qui signifie qu’au bout d’un mois à six semaines après avoir été programmé, l’appareil se bloque et se met à émettre un sifflement, ou à ne plus fonctionner comme il devrait. Ce n’était donc pas une solution à long terme, et il fallait que je réfléchisse assez vite à ce que je comptais faire.

Pendant quelques jours, je me suis posée la question : et si je n’en avais plus besoin ? Est-ce que je pourrais m’en sortir sans appareils ? Est-ce que ce serait une bonne idée ?

Premières décisions

Ma première décision a été de répondre à cette question. J’ai dû mettre une semaine avant de vraiment me dire que si, quand même, je n’allais pas arrêter là l’aventure de l’appareillage auditif. Plusieurs éléments ont eu du poids dans cette décision. D’abord, j’ai eu une rentrée d’argent inattendue. Cela m’a permis d’appréhender la dépense énorme que représentent deux appareils auditifs neufs avec un peu plus de sérénité. Ensuite, j’ai imaginé la possibilité de me débrouiller sans appareils du tout, à aucun moment, dans aucune situation. Et le désarroi que j’ai ressenti m’a montré assez clairement que ce n’était pas une bonne idée de me passer d’appareils complètement. Et enfin, ma geek intérieure était très curieuse de l’évolution de la technologie en cinq ans. Je voulais découvrir de première main ce qui s’était amélioré et affiné depuis mon dernier appareillage.

Donc première décision : oui !!

Et ensuite s’est posée la question : comment ? Est-ce que je retourne chez mon audioprothésiste chez qui je vais depuis 8 ans ? Je le connais bien, ça m’évite de devoir établir une nouvelle relation avec un autre professionnel. Et en plus, il me propose des accessoires qui me permettront d’effectuer des réglages à distance, ce qui m’éviterait de retourner tout le temps à Bordeaux. Et il me propose le nec plus ultra de la marque avec laquelle il travaille à un prix défiant toute concurrence.

Je vous raconterai la suite de mon parcours dans mon prochain article, d’ici quelques jours !!

Merci, et bonne année !

En cet avant-dernier jour de l’année, j’ai envie de me tourner vers vous, mes lecteurs, et de vous dire merci.

Bonne année !

MERCI, parce que je n’ai pas été très présente sur mon blog en cette deuxième partie d’année, et cela fait plus de 6 mois que je ne vous ai pas envoyé de nouvelles par courriel non plus. Et malgré cela, vous avez continué à venir lire mon blog, à partager mes articles, et à m’écrire. Votre présence et vos messages m’encouragent énormément à recommencer, et à continuer à écrire sur ce blog.

Comme je l’expliquais dans mon article de novembre, ce n’est pas évident pour moi de recommencer à écrire des articles. D’abord parce que j’ai changé. Et je continue à changer. Et en particulier dans ma relation à mon audition. Je me sens de moins en moins handicapée, et ma nouvelle relation avec ma perte auditive est encore assez difficile à décrire. D’autant plus qu’elle continue à se transformer !

Et puis, cette année a été intense pour moi. Elle l’a été pour beaucoup d’entre nous, et nous l’avons vécu plus ou moins bien. Entre les événements extérieurs qui ont engendré beaucoup de peur et de révolte, et les événements intérieurs qui en ont souvent rajouté une couche, quelle année ça a été !!

Mais voilà, l’année est en train de rendre l’âme (avec son lot de célébrités), et dans ces derniers jours de 2016, il est temps de se tourner vers l’avenir, vers 2017 qui émerge déjà. Quelles sont nos intentions pour 2017 ? Comment allons-nous vivre cette nouvelle année ?

Depuis quelques années déjà, j’ai arrêté de prendre des bonnes résolutions en début d’année. Il faut dire que les bonnes résolutions, je ne sais pas si ça marche pour vous, mais pour moi, ça me motive 10 jours et après ça me déprime tout le reste de l’année. J’ai toujours eu tendance à avoir trop de résolutions, et à vouloir trop changer d’un coup.

Après, j’imagine que je ne suis pas la seule à avoir décidé un 1er janvier de me mettre au sport, perdre 10 kg, écrire tous les jours, arrêter de me ronger les ongles et faire du yoga et de la méditation tous les jours (et faire du vide dans les armoires, repeindre toute la maison, réparer des relations, arrêter de fumer, de boire du café, de grignoter, etc.). Et c’est juste impossible. Je m’inscris à un club de sport et j’y vais pendant quelques semaines, ou quelques mois, mais je ne tiens jamais toute l’année. Ou bien je me mets à courir 3 fois par semaine pendant 2 mois, et je me fais mal donc j’arrête.

Il y a quelques années, j’ai découvert que d’autres méthodes marchaient mieux pour moi. Par exemple, la notion d’intention. Mettre une intention pour la nouvelle année, c’est plus doux. C’est une façon de penser à ce que je souhaite plutôt qu’à ce que je ne veux pas. En général, dans les derniers jours de l’année, un mot me vient, qui m’accompagne pendant toute l’année qui suit. Cette année, par exemple, c’était CONFIANCE. C’est un mot qui m’a accompagnée en gravissant le flanc de la montagne tout comme au creux des vagues. J’arrive à la fin de l’année, et je me dis que oui, j’ai appris, un peu au moins, à faire confiance.

Pour cette nouvelle année, j’aimerais apprendre à suivre encore davantage mon intuition. J’aimerais moins prévoir, et plus vivre les choses pleinement, telles qu’elles sont et comme elles viennent. Et pour mon audition, ça veut dire aussi me « mettre en danger », c’est à dire ne pas reculer devant des situations difficiles que j’aurais tout fait pour éviter jusque là.

Mais pas n’importe comment ! Cela ne veut pas dire que je vais passer ma vie dans des endroits bruyants où je ne comprends rien à ce que personne dit ! Mon intention, c’est aussi de m’écouter, et de respecter les moments où j’ai besoin de m’isoler pour reposer mes oreilles et mon cerveau qui fournissent tous les efforts de compréhension. Respecter mes besoins de calme et de répit, mais ne pas éviter des situations par peur, et m’appuyer sur tout ce que j’ai en plus de mon audition. Ne pas forcément essayer d’entendre quand de toute évidence, ça bloque, mais observer davantage, sentir davantage, et rester présente à ce qui se passe.

Bon, eh bien je vous dirai comment je m’en sors !! 🙂

Je vous souhaite à tous d’excellentes fêtes de fin d’année, en espérant que vous serez entourés d’amour et de joie, et que si ce n’est pas le cas, vous pourrez trouver l’apaisement dont vous avez besoin.

Et je vous souhaite une bonne année 2017, avec tout le soutien dont vous aurez besoin pour aller de l’avant !

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Visite de Tadeo et Acceo

Mardi dernier, comme je vous le disais dans mon dernier article, j’étais en route pour Paris. J’y allais pour visiter les locaux et rencontrer les employés de l’entreprise Delta Process, qui propose les services Tadeo et Acceo, et pour rencontrer d’autres blogueurs, bédéiste et youtubeurs sourds.

Après un voyage en train sans trop d’histoire, un taxi m’attendait sur le quai de la gare Montparnasse. Après trois quarts d’heure de trajet environ, pendant lesquels j’ai appris que le père de mon chauffeur de taxi était malentendant, ce qui nous a permis d’échanger sur les trucs et astuces pour aider les malentendants à mieux comprendre et à mieux vivre différentes situations, me voilà arrivée à Saint-Maur-des-Fossés, au siège de Delta Process.

Et là, j’ai rencontré Fabio, avec qui j’avais conversé la semaine précédente pour organiser la rencontre. Il m’a montré le chemin jusqu’à une salle de réunion où je rencontre Nathalie, et les blogueurs ou youtubeurs qui sont arrivés avant moi : Dhafer, Sara et Titi. Vivien et Lucas nous ont rapidement rejoints, et nous étions au complet !

(Petite parenthèse en passant, je viens de perdre une bonne heure à regarder les vidéos de tous les autres youtubeurs… C’est génial ! Allez voir ! Les vidéos sont toutes sous-titrées).

Nous sommes entrés directement dans le vif du sujet, puisque l’application Tadeo était projetée sur grand écran. Un micro au centre de la table captait les paroles, et une personne de l’entreprise faisait la transcription écrite en temps réel à l’écran, pendant qu’une autre faisait la traduction simultanée en LSF. Il y avait même un ordinateur avec webcam pour que Lucas puisse communiquer en langue des signes avec l’interprète. De cette façon, c’était l’interprète qui partageait les questions ou remarques de Lucas à l’oral.

Juste cette petite réunion nous a donné une bonne idée du fonctionnement du logiciel et du système qui permet aux sourds et malentendants d’échanger facilement et de gagner en autonomie dans leur vie de tous les jours. Et ensuite, on a visité les locaux de l’entreprise, et on a rencontré différentes personnes à différents postes. C’était vraiment très intéressant !

Juste pour expliquer rapidement, Acceo est une application qui permet aux sourds et malentendants d’appeler et échanger en face à face avec tous les organismes publics ou privés abonnés. De cette façon, la personne sourde ou malentendante a accès à ce qui est dit à l’oral soit par transcription écrite, soit par traduction LSF, en temps réel.

Tadeo est le système professionnel qui permet à un collaborateur sourd ou malentendant de participer pleinement aux réunions (c’est le système qu’on a testé avec l’écran), et aussi d’appeler et de répondre au téléphone.

 

La transcription de la parole

D’abord on a appris comment travaillent les personnes qui transcrivent la parole à l’écrit. Il y a deux méthodes : soit par clavier sténo qui permet d’écrire très vite, soit par micro.

Voici à quoi ressemble le poste de travail d’un personne qui transcrit avec un clavier sténo. Chaque touche correspond à un son, ce qui permet d’aller bien plus vite qu’avec un clavier normal. L’employée à qui nous avons parlé nous expliquait que cela prend trois mois d’apprendre à taper avec le clavier, mais il faut trois ans pour obtenir la vitesse !

transcription sténo

Le poste de travail de transcription par clavier sténo

Pour ceux qui transcrivent avec un micro, eh bien ils ont un micro fermé comme dans la photo ci-dessous, et ils répètent toutes les paroles qui sont dites. Le logiciel est réglé pour comprendre leur voix de façon précise, et ils doivent parler très clairement en faisant toutes les liaisons comme il faut. Nous avons pu voir que cela permet une transcription plutôt précise, très rapidement.

transcription

Le poste de travail pour la transcription par micro

La traduction en LSF

Nous avons rencontré les interprètes en langue des signes aussi, qui nous ont expliqué leur métier. Ils sont en contact avec la personne sourde ou malentendante par vidéo, et font le lien avec la personne entendante à l’oral. Le système est très bien fait ! Pas de photos par contre…

Et les autres équipes !

Nous avons aussi rencontré l’équipe technique, et bien d’autres personnes encore !

equipe-technique

L’équipe technique !

 

julien

Julien, le directeur du développement, et un de mes premiers lecteurs ! (Merci !)

 

fabio-et-nathalie

Fabio et Nathalie, nos guides pour l’après-midi

Et comme vous pouvez le voir sur cette dernière photo, on a fini la rencontre aux petits fours, et c’était vraiment très sympa.

Les autres blogueurs et youtubeurs : une belle rencontre !

Il manquait Mélanie à la rencontre, qui n’avait pas pu être là. Du coup, on a pris un selfie pour lui envoyer avant de partir :

selfie

Un selfie avant de partir avec, de gauche à droite, Titi, moi, Fabio, Vivien, Dhafer, Sara et Lucas !

Et aussi une photo de groupe de notre première rencontre ! Parce que je connaissais Vivien, mais je ne connaissais aucun des autres youtubeurs et auteurs présents, et du coup la rencontre était très riche et super intéressante. J’ai depuis été voir tous les blogs et toutes les chaînes YouTube, et j’ai adoré l’humour et la façon de chacun d’aborder la surdité.

Les 6 YouTubeurs et blogueurs présents ! De gauche à droite : Lucas, Sara, Titi, moi, Vivien et Dhafer

Merci encore à toute l’équipe de Tadeo et Acceo qui nous a reçus, et aux autres YouTubeurs et blogueurs ! J’ai été ravie de vous rencontrer en vrai ! Le seul regret que j’ai, c’est que c’était un peu court… Deux heures pour découvrir tout ça, ça aurait mérité un peu plus de temps. La prochaine fois !

En route pour Tadeo !

Dans le train en route pour Tadeo

Juste un petit mot pour vous tenir au courant : je suis en route pour Paris où j’ai été invitée par l’entreprise Tadeo à visiter leurs locaux et rencontrer d’autres blogueurs qui, comme moi, écrivent sur le thème de la surdité.

Tadeo, c’est une entreprise qui a créé le service Acceo. Ce service permet aux sourds ou malentendants dans les entreprises d’avoir un outil pour suivre les réunions d’équipes ou les appels téléphoniques, par exemple.

D’après ce que j’ai pu voir sur le site de l’entreprise, la personne sourde ou malentendante a juste une application à installer sur son ordinateur. Cela lui donne ensuite accès à des transcripteurs ou interprètes en LSF. Ce qui lui permet d’avoir l’intégralité des conversations transcrites par écrit ou traduites en LSF.

J’en saurai davantage tout à l’heure, après avoir visité les locaux de l’entreprise, et je partagerai avec vous mes découvertes dans un nouvel article à mon retour.

Mais voilà, c’est la première fois que je suis invitée quelque part en tant que blogueuse et je souhaitais le partager avec vous !

À bientôt pour plus de nouvelles !

Recommencer le blog… comment faire ?

Ca fait longtemps mais…

Si j’en crois WordPress, cela fait plus de quatre mois, bientôt cinq si ça continue, que je n’ai rien posté sur mon blog. Autant dire une éternité !

Et malgré cela, vous avez continué à consulter le blog, à venir lire, à partager, à aimer et à vous inscrire à ma newsletter. Merci ! Votre fidélité et votre intérêt me poussent à me remettre au travail, à recommencer à partager avec vous mes réflexions et découvertes au sujet de la perte d’audition, entre autres.

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Mais pourquoi ce long silence ?

Eh bien pendant ces quelques mois, j’ai pas mal changé. La vie a été riche et pleine de remises en question. J’ai commencé à voir les choses, en particulier ma perte d’audition, différemment.

Forcément, cela a bouleversé des choses dans ma vie. Parce que changer de façon de voir un handicap, changer de façon de me voir avec un handicap, ce n’est pas anodin. Ça touche à mon identité. Je me suis construite avec ce handicap, ce « manque », ces dernières années. J’ai appris à en parler, à oser dire aux gens que j’entendais mal. J’ai commencé à leur expliquer comment me parler pour que je comprenne. Cela fait partie des premiers éléments que j’apportais lors de toute nouvelle rencontre. D’abord, expliquer que je suis malentendante, sinon je n’ai aucune chance de vraiment rencontrer la personne, parce qu’il y a trop de risques que je ne comprenne pas assez ce qu’elle dit.

Et aussi, j’ai eu du mal à trouver les mots pour exprimer ce changement. Et comment pouvais-je recommencer à partager si je ne savais pas quels mots utiliser pour le faire ?

C’est un peu comme si le côté « handicap » était passé au second plan. Je ne fais pas comme s’il n’était pas là, mais je commence à voir toutes les choses que j’ai à la place de cette audition défaillante, et à les apprécier. Ma faculté à sentir les choses, par exemple. Ma capacité d’observation. Mon ressenti très sûr sur les gens, les situations, les choses. Tout un tas d’éléments qui se sont mis en place pour compenser, mais qui vont un peu plus loin que ça.

J’ai commencé à moins forcer pour entendre. Je me suis rendu compte que quand je me concentre très fort pour essayer de comprendre dans une situation où je n’y arrive pas, j’ai tendance à créer tellement de stress que je comprends encore moins ! Et quelquefois, simplement en lâchant, en arrêtant d’essayer de suivre à tout prix, eh bien je comprends mieux.

C’est absolument à l’encontre de tout ce que j’avais comme intuition, et comme intention, jusqu’ici. Je n’y arrive pas tout le temps, bien sûr. Mais l’intention a changé.

Je ne sais pas trop où ça va me mener, mais je vais continuer à le partager avec vous. J’essaierai de vous dire ce que je découvre, et comment je vis ma perte d’audition chaque jour. A chaque fois que j’aurai les mots pour le faire, en tout cas.

 

Sécurité routière pour les personnes sourdes et malentendantes

Voici une petite information de sécurité routière qui pourrait s’avérer utile, et que je ne fais que relayer.

Je suis tombée dessus sur Facebook, puis j’ai trouvé l’image sur ce site.

Bien entendu, je n’ai pas d’informations sur où se procurer ce panneau, ou si ça marche vraiment et si les gens font plus attention aux utilisateurs munis de ce panneau.

Si vous avez déjà vu ce panneau, ou si vous l’utilisez au quotidien, je serai ravie d’avoir vos retours pour savoir si cette signalisation peut changer certaines choses dans notre vie quotidienne !

sécurité routière malentendant

Test : le bracelet vibrant Unitact

J’ai eu l’opportunité d’avoir le bracelet Unitact en test pendant une dizaine de jours, pour faire l’expérience de ce nouvel outil, et voir si ce bracelet dont tout le monde parle pourrait m’être utile en tant que malentendante.

Bracelet Unitact

J’ai vu que des personnes sourdes l’avaient testé et qu’il leur apporte un vrai confort au quotidien. Je voulais donc voir si, dans ma vie de tous les jours, ce bracelet pourrait aussi changer les choses pour moi.

D’abord, quelques mots sur le concept, et je reprends ici les mots de Thibaud Severini, co-fondateur et président de Novitact :

Notre ambition est de faire du sens du toucher une alternative à l’ouïe et la vue. Nous voulons libérer l’attention visuelle des sourds déjà très sollicitée pour qu’ils se sentent plus libres.

Le concept est intéressant, même si je ne suis personnellement pas plus que ça en recherche d’un sens alternatif à la vue. C’est sûrement pour ça que de nombreux sourds s’y sont retrouvés et ont adopté le bracelet immédiatement.

Je tiens aussi à préciser que j’ai testé une version Beta du bracelet ainsi que de l’application Unitact. Il ne s’agit donc pas de la version finale qui sera commercialisée, et certains des problèmes ou questionnements que j’ai eus seront peut-être résolus dès que l’appareil et l’application seront finalisés.

Voici donc les résultats de mes tests et essais.

Bracelet Unitact : dans la boîte

Dans la boîte du bracelet Unitact

A la réception, le bracelet Unitact est bien calé dans une boîte, et livré avec un chargeur et un câble USB de chargement.

Le bracelet lui-même comporte quatre symboles en relief, qui permettent d’envoyer des messages par le biais de l’application. Un de ces quatre symboles est un cercle qui contient des diodes qui s’allument lors du chargement et lors d’une alarme, par exemple.

Le bracelet Unitact branché

C’est simple, intuitif et la prise en main est très rapide.

Voici donc ce que j’en ai pensé. Gardez en tête qu’il s’agit de mon avis seulement, lié à ma situation auditive individuelle et à ce dont j’ai besoin dans ma vie quotidienne. C’est donc très personnel.

Les points positifs

  • Le bracelet tient bien, pas de risque qu’il tombe ou glisse.
  • On voit que c’est de la bonne qualité, le bracelet inspire confiance à ce niveau là. On n’a pas peur qu’il se casse ou qu’il se raye.
  • Les vibrations sont ressenties de façon très forte. Pas de danger d’en manquer une.
  • L’alarme est assez douce pour être agréable.
  • L’appli est intuitive à utiliser et assez ergonomique, déjà dans sa version d’essai. Cela laisse présager une bonne application à venir.
  • Il y a un bon potentiel d’amélioration et d’ajout de nouvelles fonctionnalités, de liens avec d’autres applications, etc. Le système lui-même est intéressant.
  • C’est assez simple et facile à prendre en main. J’imagine que cela peut être très utile aussi pour les personnes sourdaveugles, en raison des boutons tactiles différents pour envoyer des messages depuis le bracelet.

Les points négatifs

  • L’ergonomie : le bracelet est gros, en plastique, et cela tient chaud. Je trouve cela assez inconfortable à porter toute la journée, et je l’ai testé alors qu’il ne faisait pas trop chaud. Je pense que l’été, ça peut être gênant. De même, je ne me vois pas dormir avec parce que je n’arrive pas à l’oublier.
  • L’esthétique : je pense que quelque chose de noir, peut-être un peu plus fin, passerait mieux (après, c’est personnel).
  • Le fonctionnement : J’ai eu des problèmes de déconnexions intempestives avec mon smartphone. Par contre, ce problème là n’a apparemment pas été rencontré par les autres testeurs, donc ce n’est pas un problème généralisé.
  • Les vibrations : il faut une véritable courbe d’apprentissage avant d’arriver à les différencier.
  • Suite au point précédent : La vibration puissante du message qui arrive a tendance à me surprendre, et j’ai du mal à interpréter le message sans élément visuel supplémentaire (parce que je suis encore en train de me dire : « Aaah ! Ca vibre ! Qu’est-ce que c’est ! » que la vibration est terminée). Du coup, à chaque fois que le bracelet vibre, je me retrouve à vite regarder mon téléphone pour voir quel est le message.
  • Le prix : à presque 200 euros, il est vraiment plus cher qu’une bonne montre connectée !

Les possibilités à développer

  • Ce serait super que le bracelet puisse être mis en lien avec la sonnerie du téléphone, l’interphone, la sonnette de la porte d’entrée, un timer, et tous les autres bruits que l’on peut manquer et qui sont importants.
  • L’interaction avec d’autres applications sur le téléphone serait très utile, en particulier en cas de réception d’appels ou de messages ou autres.
  • Ce serait bien de pouvoir configurer avec quelles applications le bracelet devrait être connecté, un peu comme on configure quelles sont les applications qui peuvent envoyer des notifications à une montre connectée.
  • Je sais que la version finale proposera de choisir quelle vibration est associée à quel message, et c’est une excellente idée. Le fait de pouvoir personnaliser des messages sera utile aussi, pour s’adapter à la vie de chacun.
  • Ce serait bien aussi de pouvoir envoyer des messages au bracelet plus facilement qu’en passant par l’application. Un petit exemple : si je traverse la rue et que la personne qui m’accompagne veut me prévenir d’un danger, il faut qu’elle sorte son téléphone, qu’elle le débloque, qu’elle ouvre l’appli, qu’elle aille sur la page des messages et qu’elle envoie le message « Attention danger ». J’ai donc plusieurs fois le temps de me faire écraser. Quand j’ai posé la question, on m’a dit que le mieux serait que l’autre personne ait elle aussi un bracelet. Et c’est vrai que d’un bracelet à l’autre, c’est super ! Il suffit d’appuyer sur le symbole en relief correspondant au message qu’on veut envoyer, et en 2 secondes, c’est fait ! Mais à 200€ le bracelet, c’est un sacré investissement à faire. Pour les couples de malentendants ou de sourds, ou les groupes d’amis sourds ou malentendants, cela peut se faire et être utile, mais si on est surtout avec des personnes entendantes, je ne me vois pas faire acheter ce bracelet aux autres aussi. Du coup, cela serait peut-être bien de développer une petite télécommande pas trop chère que l’autre personne puisse avoir sur elle avec quelques messages préprogrammés à envoyer sur le bracelet, par exemple.

En conclusion

Mon expérience avec le bracelet Unitact n’a pas été très concluante, et pour moi dans ma vie quotidienne, je ne pense pas en avoir vraiment l’utilité.

Par contre, j’ai vu que de nombreux sourds l’avaient adopté, et je pense que cela permettra d’apporter un meilleur confort et une meilleure qualité de vie à plein de personnes.

En revanche, le test du bracelet Unitact m’a permis de me rendre compte de l’utilité de la vibration pour me prévenir de messages et autres réveils. J’ai donc maintenant une montre connectée qui me permet de me réveiller en douceur (et sans bruit), de m’alerter des appels, SMS, et emails importants, et je suis ravie !

Et si vous souhaitez voir d’autres avis de personnes sourdes qui ont testé le bracelet, vous pourrez en trouver par exemple ici et ici.