ReSound LiNX Quattro : test des appareils de GN Hearing

Il y a plusieurs mois maintenant (je viens de me rendre compte que c’était en octobre… Ah là là mais que le temps passe vite !), j’ai été contactée par GN Hearing pour participer à une rencontre virtuelle intitulée « Sound Stories ». L’objectif de la rencontre était de présenter à un certain nombre de personnes sourdes ou malentendantes du monde entier la dernière innovation de GN Hearing. La rencontre était en anglais, et me permettrait aussi de rencontrer virtuellement certaines des personnes qui avaient développé les appareils ReSound LiNX Quattro, et de discuter de la façon dont GN Hearing pourrait collaborer avec la communauté sourde et malentendante. C’était la première fois qu’une marque de cette envergure me contactait directement dans un effort de collaboration. Autant dire que j’ai sauté sur l’occasion !

Appareils ReSound LiNX Quattro et application sur téléphone
Les appareils ReSound LiNX Quattro et l’application d’accompagnement

Rencontre virtuelle « Sound Stories »

La rencontre a été très enrichissante. Parmi les intervenants, il y avait un musicien compositeur qui avait quasiment arrêté la musique suite à une perte auditive. Les nouveaux appareils ReSound LiNX Quattro lui ont permis de reprendre la musique et de composer. En tant que musicienne, ça m’a beaucoup parlé ! Et bien sûr, ça m’a donné envie de voir si ces appareils pourraient aussi améliorer ma perception de la musique.

Au bout d’une heure de discussions virtuelles, nous étions tous un peu tristes d’arriver à la fin de la rencontre. Il y avait une telle énergie et un tel enthousiasme de la part des participants qu’on aurait aimé que ça dure plus longtemps. On a bien fait traîner une demi-heure de plus avec nos questions et discussions, mais on a tous fini par raccrocher.

Suite à cette rencontre, plusieurs choses se sont produites. D’abord, j’ai participé à une étude sur la perte auditive et la musique. Cela m’a permis de réfléchir à la façon dont je perçois la musique maintenant, et de vraiment mettre des mots sur cette perception. Cette étude a été commanditée par GN Hearing et sera utilisée pour la conception des prochaines générations d’appareils auditifs. Je suis ravie d’avoir pu participer à cela !

Et puis, j’ai demandé à bénéficier d’un essai de ces nouveaux appareils. L’essai a été organisé avec un audioprothésiste près de chez moi, et s’est finalement déroulé en janvier.

L’essai des ReSound LiNX Quattro

D’abord, c’est important de le préciser : l’audioprothésiste qui organisait l’essai avec GN Hearing n’était pas mon audioprothésiste actuel. Pour une raison inconnue, la marque a contacté un audioprothésiste concurrent, ce qui a mis tout le monde dans une drôle de situation. Mon audioprothésiste, qui travaille aussi avec GN Hearing sous un autre nom, était étonné de ne pas avoir été contacté pour cet essai. L’autre audioprothésiste ne comprenait pas pourquoi c’était lui qui organisait l’essai alors que j’étais suivie par quelqu’un d’autre. Et moi, j’étais entre les deux, un peu gênée pour les deux. D’autant plus que mes appareils actuels n’ont que deux ans, et que je ne comptais pas en changer suite à l’essai.

Heureusement, les deux audioprothésistes ont été gracieux et bienveillants, et la situation a très bien tourné.

ReSound LiNX Quattro : présentation

J’ai découvert grâce à cet essai qu’en fait, les appareils que j’ai actuellement sont une version précédente des LiNX Quattro. Chez Amplifon, la marque ReSound est appelée Beltone, mais ce sont les même appareils. Par contre, la technologie de mes appareils actuels étant plus ancienne, cela m’a permis de vraiment comparer l’ancienne et la nouvelle technologie.

A la base, les ReSound LiNX Quattro sont des appareils à écouteur déporté. Cela signifie que les micros sont dans l’appareil qui se glisse derrière l’oreille, et le haut-parleur est dans le canal auditif. Ce sont des appareils haut-de-gamme qui proposent de nombreuses fonctionnalités numériques de traitement du son, comme un réducteur de bruit, un réducteur de bruit du vent, un faisceau directionnel qui permet contrôler la direction du son, etc.

Ces appareils peuvent être directement connectés à un téléphone iPhone ou Android, ce qui permet d’utiliser l’application d’accompagnement comme une télécommande pour régler les appareils. Il y a aussi la possibilité de recevoir directement les appels téléphoniques dans les appareils, mais je n’ai pas testé cette possibilité et je ne sais pas s’il faut un accessoire en plus.

La puce à l’intérieur des ReSound LiNX Quattro est plus performante, plus rapide et plus puissance, tout en ayant une consommation de batterie réduite.

Sur le papier (et sur le site internet de ReSound), ces appareils promettent une expérience éclatante avec plus de subtilités de sons, une qualité sonore éclatante, un spectre complet de streaming, une assistance et optimisation où que vous soyez. Elle prétend aussi être la solution rechargeable la plus avancée du monde. Les appareils ReSound LiNX Quattro existent en effet en deux versions : une version à piles, et une version rechargeable. Alors qu’en est-il vraiment de cette technologie révolutionnaire ?

Le test… et ce que j’en ai pensé

J’ai testé la version rechargeable des appareils, et à ce niveau-là, je n’ai vraiment pas été déçue. Les appareils eux-mêmes ont déjà une autonomie de 24 à 30 heures sans avoir besoin de les recharger. Je n’ai pas tenté de les décharger totalement, mais par contre j’ai bien testé le chargeur :

Le chargeur

Le chargeur, c’est vraiment un des points forts de ces appareils. Le chargeur possède lui-même une batterie, ce qui permet de l’emporter et de charger les appareils sans brancher le chargeur pendant quelques nuits.

Je l’ai testé au maximum, et j’ai tenu une semaine complète sans avoir à brancher le chargeur. Je portais les appareils entre 10 et 14 heures par jour, puis je les déposais tout simplement dans le chargeur, je fermais le couvercle, et le lendemain matin ils étaient prêts à tenir la journée (largement). Cela prend seulement 3h pour recharger complètement les appareils, et si par hasard on a oublié de les charger, on peut obtenir 8h d’autonomie avec 30 minutes de charge seulement.

Autant dire qu’avec ces appareils rechargeables, entre l’autonomie des appareils eux-mêmes et l’autonomie du chargeur, finis les moments embarrassants où un appareil n’a plus de pile, et s’arrête au milieu d’une conversation, d’un entretien, d’une conférence, ou autre situation où les appareils sont absolument nécessaires. Fini le besoin de vite plonger dans le sac (quelquefois pour se rendre compte qu’on a oublié nos piles !) ou la poche, et de vite changer la pile. Le confort auditif à ce niveau-là est incomparable.

Les appareils en question

Lorsque je suis sortie de chez l’audioprothésiste, je suis tout de suite allée prendre un café en terrasse. Or, ce jour-là, il y avait un festival en préparation et différentes machines vrombissaient à côté de la terrasse, un générateur tournait sans discontinuer, et les voitures n’arrêtaient pas de circuler. Je me suis assise avec une amie qui ne parle pas très fort. Je lui ai dit : « Attends une minute ». J’ai ouvert l’application, appuyé sur « filtrer le bruit », et déjà, c’était magique ! La plupart des bruits de fond se sont comme éloignés. Ce n’était pas comme s’il n’y avait pas de bruit de fond, mais c’était beaucoup moins dérangeant. D’autant plus que le réglage des appareils était beaucoup plus fort que celui de mes appareils actuels à ce moment-là.

Puis, j’ai essayé un autre réglage : « Clarifier les voix ». Les bruits de fond ont de nouveau augmenté un peu, mais miracle ! J’arrivais à comprendre mon amie sans vraiment faire d’effort ! Et ce malgré le bruit environnant qui continuait à prendre de la place dans mon espace sonore ! Là j’ai vraiment vu à quel point le traitement de la voix dans le bruit avait fait des progrès depuis mes appareils actuels !

Les ReSound LiNX Quattro proposent différents programmes, dont un programme qui s’ajuste automatiquement selon l’environnement sonore. Mes appareils actuels ont déjà cette fonctionnalité, j’étais donc en terrain connu. Pas de gros changement à ce niveau-là.

Par contre, je souhaitais avoir un programme musique pour pouvoir tester les appareils dans les meilleures conditions lorsque je fais ou j’écoute de la musique.

La musique…

J’ai demandé à l’audioprothésiste de me faire un programme Musique avec un spectre large et une amplification correcte. Et puis je suis allée à mon cours de musique. Je me suis retrouvée au milieu de la pièce avec la batterie, la basse, les guitares et le chant, le tout amplifié et j’ai cru que mes tympans allaient exploser. J’ai dû passer à un autre programme où le son était mieux géré pour mes oreilles.

En discutant avec l’audioprothésiste, j’ai compris que pour ma perte auditive particulière, le programme Musique ne fonctionne pas. En particulier parce que l’idée du programme Musique, c’est d’avoir un son aussi peu compressé que possible pour retrouver les sensations de l’audition naturelle. Or, mon hyperacousie fait que j’ai besoin que le son soit compressé, sinon, c’est tout de suite trop fort. J’ai en fait très peu d’amplitude d’audition, entre ma perte auditive et l’hyperacousie.

C’est donc une fonctionnalité qui peut énormément aider d’autres malentendants musiciens, mais pour mon cas particulier, c’est loin d’être miraculeux.

L’application

Application pour ReSound LiNX Quattro
L’application d’accompagnement

Au moment où j’ai fait l’essai, l’application liée aux ReSound LiNX Quattro était beaucoup plus performante que celle que j’avais. Entre temps, mon application a eu plusieurs mises à jour. Elle ressemble maintenant beaucoup à l’image ci-dessus.

Mis à part le petit délai de connexion des appareils au téléphone, j’ai trouvé l’application très intuitive et performante. Le fait de pouvoir privilégier « Filtrer le bruit » ou « Clarifier les voix » permet d’aller très vite. Ces réglages nécessitaient alors plusieurs clics sur mon application.

J’ai étudié un peu ces deux fonctionnalités et ce qu’elles font au niveau des appareils. Ils semble que si je choisis « Filtrer le bruit », alors l’application diminue les graves et les aigus au maximum de son amplitude. Le réducteur de bruit ainsi que le réducteur de bruit de vent sont aussi augmentés au maximum.

Si je choisis « Clarifier les voix », alors les deux réducteurs de bruits sont aussi augmentés au maximum, mais les graves sont à peine diminués, et les aigus sont augmentés presque au maximum. L’augmentation des fréquences aigües permet de gagner en compréhension immédiatement. Cela fait une grande différence de son, et le fait de pouvoir régler cela en un clin d’oeil sur l’application est très pratique.

Le micro déporté

J’ai aussi fait l’essai des appareils ReSound LiNX Quattro avec le micro déporté. Il se trouve que c’est le même que celui que j’ai avec mes appareils actuels. Si vous vous rappelez, j’en ai parlé ici. L’application est le seul moyen que j’aie de connecter mes appareils au micro.

Par contre, je me suis rendu compte que la qualité incroyable du son des ReSound LiNX Quattro faisait que la plupart du temps, je n’avais pas besoin du micro. J’entendais assez bien directement ! Après, je n’ai pas été dans des situations de réunion pendant les trois semaines de l’essai. Je n’ai donc pas pu tester les appareils avec le micro dans ces situations-là.

Le facteur humain

Pour moi, l’immense point positif de cet essai, ça a été la possibilité de travailler avec un autre audioprothésiste que le mien. De pouvoir découvrir comment travaille un autre professionnel au quotidien. C’est une chose à laquelle la plupart des malentendants n’ont pas accès. Si on va voir plusieurs audioprothésistes, c’est uniquement dans la phase de devis et de vente. Or, le côté commercial des audioprothésiste ne nous donne pas forcément d’éléments sur la façon dont ils travailleront avec nous une fois les appareils achetés. Donc là, j’ai eu une occasion unique d’aller jusqu’au bout des réglages d’appareils avec un autre audioprothésiste.

Et c’était très enrichissant ! L’audioprothésiste de l’essai travaille de façon très différente du mien. Il fait tous ses réglages de façon scientifique, à l’aide d’une sonde placée dans l’oreille. Cela permet de prendre en compte la résonance des sons et de corriger certaines déformations qui se produisent dans le canal auditif. Et il règle les appareils au niveau où ils devraient être réglés directement.

J’ai remarqué que les audioprothésistes règlent souvent les appareils en-dessous du niveau où ils devraient être pour vraiment corriger notre perte auditive. Pourquoi ? Parce que notre cerveau est habitué à un certain niveau sonore. Si l’on corrige d’un coup toute notre perte auditive, cela nous casse les oreilles ! Du coup, pour plus de confort, les audioprothésistes sous-règlent les appareils. L’idée, c’est d’aller les voir régulièrement pour augmenter les réglages petit à petit, jusqu’à ce qu’on soit au bon niveau. Sauf qu’on ne le fait pas, en général. On a tendance à s’habituer à un niveau confortable et à ne plus en bouger. Jusqu’au moment où notre cerveau sous-stimulé commence à perdre en compréhension.

Là, cet audioprothésiste va directement au niveau nécessaire pour corriger la perte auditive. Il a fini par diminuer de trois décibels parce que c’était vraiment trop fort pour moi, mais il l’a fait avec réticence. Du coup, le cerveau doit s’habituer vite, et il y a quelques jours de flottement. Par contre, le niveau de correction nécessaire est quasiment atteint, ce qui apporte un immense confort auditif, une fois le cerveau habitué. Ca m’a vraiment montré la différence de façon de travailler.

En conclusion

Mis à part la déception du programme musique pour moi, j’ai trouvé les ReSound LiNX Quattro exceptionnels. Si je devais changer d’appareils maintenant, c’est vers ce modèle que je me tournerais. J’ai trouvé le chargeur très pratique, et la qualité du son, en particulier de la voix dans le bruit, convaincante.

Et je ne ressors pas de cet essai avec un avis tranché par rapport aux audioprothésistes. J’ai découvert que mon audioprothésiste actuel fait ses réglages et son suivi en se basant beaucoup sur l’humain. Sur la façon de vivre de la personne, aussi, et ses besoins. Moins sur le scientifique. Par contre, il ne me contacte pas pour effectuer un suivi. C’est à moi de le contacter à chaque fois, et si je n’y pense pas, eh bien je n’ai pas de suivi.

L’audioprothésiste de l’essai, lui, est très précis et scientifique dans son approche. Il semble qu’il contacte ses clients pour effectuer un suivi régulier des réglages. La première fois que je l’avais rencontré, je l’avais trouvé plutôt froid. En y retournant pour cet essai, j’ai découvert un professionnel qui prend son travail à coeur et en est fier.

Chacun a sa façon de travailler, et c’est à moi de voir ce qui me convient le mieux. Mais c’était une véritable chance de pouvoir travailler de façon aussi étroite avec deux audioprothésistes en même temps.

La saga des appareils auditifs – le financement

Comme tout le monde le sait, les appareils auditifs sont un luxe hors de prix. C’est un luxe dont nous avons cruellement besoin, malgré tout. Alors heureusement, nous avons accès à certains financements qui peuvent nous aider à acquérir ces petits objets qui pourront nous faciliter un peu la vie.

Les dossiers de financement - une activité à part entière !

Cette fois-ci, j’ai pu trouver des financements que je n’aurais pas cru possibles, et ce entre autres grâce à mes lecteurs ! Grâce à une lectrice en particulier qui m’a indiqué un lien très utile (merci Maryannick !!) qui tombait à point nommé. Malheureusement, je m’y suis prise un peu tard (en même temps, difficile de prévoir mieux avec une panne inattendue), et j’ai la chance d’avoir un audioprothésiste très patient, parce que sinon, ça n’aurait juste pas été possible.

Trouver les financements possibles

Il existe de nombreux financements possibles, selon les différents cas de figure de la personne sourde ou malentendante, son niveau de surdité, son âge, son type de handicap, etc. Par exemple, les personnes mineures, et jusqu’à 20 ans, bénéficient d’un tarif préférentiel de remboursement par la sécurité sociale. Les personnes sourdaveugles bénéficient du même tarif. Et les personnes qui ont une surdité de plus de 70dB ont droit à différents types d’aides de la part de la MDPH. Il est donc important de bien se renseigner.

La sécurité sociale

Vous trouverez toutes les informations sur la prise en charge des appareils auditifs par la sécurité sociale selon les différentes situations ici.

Pour les moins de 20 ans, « les prothèses auditives sont remboursées à 60 %, sur la base d’un tarif allant de 900 euros à 1 400 euros, selon la classe de l’appareil prescrit. » Le même remboursement s’applique aux personnes qui souffrent de surdité et de cécité, quel que soit leur âge.

Par contre, pour les plus de 20 ans, c’est beaucoup moins drôle : « Les prothèses auditives sont remboursées à 60 %, sur la base d’un tarif fixé à 199,71 euros, quelle que soit la classe de l’appareil prescrit. » Connaissant le prix d’un appareillage auditif, ça ne fait pas lourd !

Une fois que vous avez acheté vos appareils, pensez à demander une feuille de soin tous les ans à votre audioprothésiste, afin de vous faire rembourser des frais d’entretien, piles, embouts, etc. : « Ces frais d’entretien sont pris en charge par l’Assurance Maladie sur présentation des justificatifs de dépenses. Ils sont remboursés à 60 % sur la base d’une allocation forfaitaire annuelle fixée par la LPP* à 36,59 euros par appareil. »

Si vous êtes à la CMU, alors vous bénéficiez d’une meilleure prise en charge de votre appareillage. Vous pourrez vous faire rembourser jusqu’à 1400 euros pour un appareillage bilatéral tous les quatre ans. Vous trouverez plus de détails ici.

La mutuelle

Alors là, bien sûr, la prise en charge des appareils dépend des mutuelles. Si vous avez la chance d’avoir une bonne mutuelle, vous aurez peut-être un remboursement conséquent. Pendant plusieurs années, à chaque fois que la date de renouvellement de ma mutuelle approchait, je me lançais dans une grande recherche sur internet, pour trouver enfin LA perle rare de la mutuelle qui rembourse bien les appareils auditifs sans me coûter un bras chaque mois. Eh bien je n’ai pas trouvé. J’ai fini par abandonner, après m’être rendu compte que la plupart du temps, une mutuelle qui rembourse bien les appareils auditifs coûte aussi cher que si je mettais de l’argent de côté chaque mois pour acheter les appareils moi-même. Pas la peine, donc.

Attention ! Si votre mutuelle dit qu’elle rembourse les appareils à 100%, n’oubliez pas que cela signifie simplement qu’elle complète le remboursement de la sécurité sociale sur la base de son tarif de 199,71 euros par appareil.

AGEFIPH ou FIPHFP

Voilà le financement que j’ai découvert cette année. En tant qu’auto-entrepreneur, je ne pensais pas avoir droit à un financement d’un organisme qui finance avant tout les salariés. Et en fait si !!

Si vous êtes entrepreneur, indépendant ou salarié du secteur privé, vous aurez droit à une aide de l’AGEFIPH. Il s’agit d’un montant forfaitaire maximum de 700 euros par appareil, 1400 euros pour 2 appareils. C’est toujours ça de pris ! Et il est possible d’avoir un financement de la MDPH aussi !

Si vous êtes employé dans le secteur public, alors il faudra vous tourner vers le FIPHFP pour obtenir un financement. Je n’ai pas eu d’expérience directe avec cet organisme, donc je me rends moins bien compte des délais, ou des conditions. Apparemment, le FIPHFP finance jusqu’à 3000 euros pour trois ans.

Par contre, pour obtenir un financement de la part de ces organismes, il est obligatoire d’avoir une reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH), ou d’en avoir fait la demande à la MDPH (une preuve que le dossier est en cours peut suffire).

Alors par contre, si on est en recherche d’emploi, ou sans emploi, ces organismes ne semblent pas être adaptés. Auquel cas, il faut se tourner vers la MDPH (maison départementale des personnes handicapées).

MDPH

La MDPH, c’est LE financement incontournable à demander. Et c’est important d’effectuer cette demande (le plus tôt possible, comme on le verra par la suite).

Je reprends encore une fois le site du Bucodes SurdiFrance :

« La Prestation de Compensation du Handicap ou PCH est une aide financière apportée par les MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées) aux personnes reconnues comme handicapées. Elle est soumise à diverses conditions.

  • Conditions administratives : il faut justifier d’une résidence stable et régulière en France métropolitaine. Les personnes étrangères (hors communauté européenne) doivent en outre justifier d’une carte de résident ou d’un titre de séjour.
  • Conditions d’âge : avoir moins de 60 ans. Cet âge est porté à 75 ans si on peut justifier d’une reconnaissance de handicap (donc de surdité même partielle) avant l’âge de 60 ans ou si la personne a une activité professionnelle rémunérée. Une activité de bénévole n’est pas prise en compte.
  • Conditions de handicap : il faut que soient reconnues une difficulté absolue ou 2 difficultés graves dans la réalisation d’activités inscrites dans une liste qui comprend cinq domaines : mobilité, entretien personnel, communication, tâches et exigences générales, relations avec autrui.
  • Les déficients auditifs entrent dans le domaine de la communication. Quatre cas y sont répertoriés, dont les deux suivants :
  • difficulté à entendre (percevoir les sons et comprendre)
  • difficulté à utiliser les appareils et techniques de communications : le téléphone en fait partie.

Normalement on considère que :

  • si la perte auditive moyenne est supérieure à 70 décibels, il y a difficulté absolue à entendre ;
  • si la perte auditive est inférieure ou égale à 70 décibels, il faut prouver que l’on a deux difficultés graves : entendre et utiliser les appareils de communication, notamment le téléphone. »

En gros, le PCH finance 399,42 euros par appareil si notre perte auditive est inférieure ou égale à 70 dB, et 599,13 euros pour une perte supérieure à 70 dB.

Mon expérience avec la MDPH

Pour moi, le dossier de la MDPH s’est toujours fait en deux temps : le dossier passe à une première commission, où il est refusé systématiquement parce que je n’ai pas une perte supérieure à 70 dB. En fait, je n’ai pas droit à la PCH. Peut-être parce que je ne prouve pas assez bien qu’il m’est très difficile d’utiliser le téléphone, par exemple. Il faudra que j’insiste sur ce point la prochaine fois et je verrai si ça change quelque chose.

Puis le dossier passe devant le comité de gestion du fonds départemental de gestion du handicap (FDC). Là je reçois tout un tas de papier à remplir pour justifier de mes ressources, de mes charges, etc. En général, j’ai droit à un financement de la part de ce comité.

Toutes ces démarches avec la MDPH prennent vraiment beaucoup de temps. Surtout si on n’a pas droit à la PCH et qu’on doit passer devant le deuxième comité. D’ailleurs, j’ai commencé à monter mon dossier en avril-mai, j’ai dû l’amener à la MDPH en juin, et je viens juste de recevoir aujourd’hui la réponse du deuxième comité. Et c’était rapide !! La dernière fois, ça avait pris 9 mois.

Il faut penser que ces délais sont variables d’une MDPH à l’autre. Je ne sais pas non plus si le fonds départemental de gestion du handicap est disponible partout, et si c’est la MDPH qui s’en occupe dans tous les départements. Si vous le savez, n’hésitez pas à nous renseigner !

Monter les dossiers de financement

Le dossier de la MDPH est celui qui prend le plus de temps. C’est donc important de penser à le préparer en premier.

Lorsque c’est possible, démarrez les dossiers de financement avant de commencer le mois d’essai des appareils. Les dossiers demandent des devis, donc cela vous permet d’aller voir chez quelques audioprothésistes et de faire des comparaisons, mais c’est une bonne idée de démarrer les dossiers avant de prendre les appareils, à moins que votre audioprothésiste soit très patient (comme le mien…).

Par contre une fois les accords de financement reçus, il ne faut pas trop tarder avant d’envoyer les factures, sous peine de perdre les financements (pour les financements AGEFIPH, on a trois mois pour clore le dossier et demander le financement, sinon c’est annulé).

Se faire aider pour monter les dossiers

Quand je me suis retrouvée devant le dossier AGEFIPH et le dossier MDPH à monter en même temps, j’ai commencé par procrastiner sérieusement pendant plusieurs semaines. Ce n’était pas évident de remplir tous ces papiers !

J’ai fini par demander de l’aide. Bien m’en a pris ! J’ai contacté le SAMETH de ma ville, j’ai eu un rendez-vous dans la semaine. J’ai rencontré une conseillère qui m’a aidé à remplir les formulaires et surtout à déterminer les pièces que je devais joindre au dossier. Et en tant qu’indépendante, ce n’était pas évident à savoir.

Vous pouvez trouver les coordonnées du SAMETH de votre département sur le site de l’AGEFIPH. En Charente, en tout cas, ils sont très réactifs et ils m’ont bien aidée.

Il est possible aussi de se tourner vers des associations de malentendants pour trouver de l’aide pour remplir les dossiers, et la MDPH propose aussi de l’aide pour remplir son dossier.

Voilà donc en gros les démarches à faire pour se faire financer.

Si vous avez trouvé d’autres organismes financeurs, n’hésitez pas à partager dans les commentaires ! Et si vous avez des astuces pour simplifier les démarches aussi !

 

La saga des appareils auditifs – l’audioprothésiste

Cet article est le deuxième d’une série d’articles où je partage mon expérience lors du renouvellement de mes appareils auditifs. Si vous n’avez pas lu le premier article de la série, vous pourrez le découvrir ici !

L’audioprothésiste

La deuxième décision à prendre, c’est l’audioprothésiste. Est-ce que je continue à aller voir celui chez qui je vais depuis 8 ans, même s’il est loin, que ce n’est pas pratique et que certains de ses commentaires et remarques m’ont bien montré que nous ne partageons pas les mêmes valeurs ?

RDV chez l'audioprothésiste

Ou bien est-ce que je choisis un audioprothésiste plus près de chez moi, quitte à établir une nouvelle relation ?

Impossible de prendre cette décision sans aller voir quelqu’un près de chez moi, pour voir. J’ai commencé par Amplifon, qui m’avait été recommandé par des professionnels de l’association Diapasom. L’avantage, c’est que leur centre est à moins de 10 minutes à pied de chez moi. Très pratique, donc.

J’y suis passée un midi alors que j’étais justement dans les parages. Ça m’a permis de me familiariser avec le lieu et les gens et de voir si l’ambiance me convenait. Et j’ai rencontré un des deux audioprothésistes du centre et pris rendez-vous avec lui quelques jours plus tard, à un moment où il aurait du temps à m’accorder. Premier contact très agréable dès le départ. D’abord, parce que je le comprenais très bien, et aussi parce que j’avais l’impression d’être vraiment écoutée.

Le premier rendez-vous

Le moment du rendez-vous attendu est arrivé, et je n’ai pas été déçue. J’ai eu droit à un audiogramme très complet, sans appareils d’abord, comme chez l’ORL, puis avec les appareils, pour vérifier la récupération que j’avais. Je n’avais jamais fait cela !! En 8 ans d’appareillage, JAMAIS mon audioprothésiste ne m’a fait passer un test pour vérifier ce que je parvenais à entendre avec les appareils.

Et là, je me suis rendu compte que ma récupération était très faible. Pour les fréquences graves, les 250 et 500 Hz, eh bien que j’aie des appareils ou non, cela ne changeait rien. Pas un iota de plus avec les appareils. Pour les médiums, peut-être 10 à 15 dB de récupération, donc très peu par rapport à ma perte qui va jusqu’à 70 dB selon les fréquences. Pour les aigus, eh bien il n’y avait pas beaucoup d’amélioration non plus mais j’entends assez bien les aigus, donc ce n’était pas un souci. Par contre, on a fait un test de compréhension vocale. Et là, j’ai compris pourquoi j’avais tant de difficultés ! En fait, je comprenais tous les mots à 60dB. Par contre, à 50 dB, je n’en comprenais que la moitié. Et à 40 dB, je n’en comprenais pas un seul !

Le nouvel audioprothésiste m’a expliqué que 60 dB, c’est à peu près le volume de la parole pour les gens qui parlent assez fort. Mais que la plupart des gens ne parlent pas constamment à 60dB. Ils ont des moments où la voix est plus forte, et des moments où elle est moins forte. Et là, j’ai compris ma difficulté avec les personnes dont la voix a beaucoup d’inflexions. Il y a des pics de volume suivis par des moments où cela n’est pas assez fort. Au final, je n’arrive pas à avoir une compréhension globale de ce qui est dit. Et voilà pourquoi j’avais tant de mal à comprendre. Et aussi pourquoi il n’y avait que peu de différence entre mon audition avec et mon audition sans les appareils.

Ce premier rendez-vous m’a confortée dans mon idée de changer d’audioprothésiste. Enfin, j’avais une visibilité sur ce que mes appareils m’apportent vraiment ! Cela devrait être obligatoire !!

Je partagerai la suite de mon parcours dans mon prochain article, dans quelques jours ! Et si vous avez des questions ou commentaires en attendant, n’hésitez pas !

La saga des appareils auditifs – La panne

La panne

Il y a trois semaines, par un beau dimanche matin, mon appareil gauche est tombé en panne. Entendez par là que ce matin-là, impossible de l’allumer. J’ai changé la pile, tout ça, mais rien. Paniiiiique !!

Appareils en panne

J’ai écrit à mon audioprothésiste en plein dimanche, pour lui demander si cela serait possible de le voir en urgence le lendemain pour voir ce qu’on peut faire. J’ai eu la chance que mon audioprothésiste travaille aussi chez lui le dimanche, et me réponde dans l’heure qui suivait pour me donner une heure de rendez-vous le lendemain. Oui, parce que je n’avais pas changé d’audioprothésiste depuis mon premier appareillage en 2009, et j’ai déménagé entre temps. Du coup, il est maintenant à une centaine de kilomètres de chez moi, ce qui n’est pas très pratique, il faut bien en convenir.

Branlebas de combat !

Le lendemain, donc, me voilà partie en train pour un passage éclair à Bordeaux. Et là, en discutant avec mon audioprothésiste, je me rends compte que mes appareils ont déjà 5 ans. Ils sont quasiment en fin de vie. Il est donc relativement normal qu’ils tombent en panne.

Ceci dit, c’est la première fois que j’ai un appareil qui tombe en panne. Je n’avais jamais vécu ce sentiment d’anxiété que soudain, l’outil qui m’aide tous les jours ne s’allume juste plus, et la question lancinante de : comment faire maintenant ??

L’audioprothésiste a regardé mon appareil, et a confirmé : il était mort. Ce n’était pas la pile, ni le haut-parleur déporté. Nous avons décidé de l’envoyer chez le fabricant pour avoir un diagnostic malgré tout. Mais, en regardant les factures, il m’a expliqué que vu leur âge, cela ne valait peut-être pas le coup de le faire réparer. Et il m’a prêté un appareil en attendant que je décide de ce que j’allais faire.

L’appareil qu’il m’a laissé était un appareil de prêt. Ce qui signifie qu’au bout d’un mois à six semaines après avoir été programmé, l’appareil se bloque et se met à émettre un sifflement, ou à ne plus fonctionner comme il devrait. Ce n’était donc pas une solution à long terme, et il fallait que je réfléchisse assez vite à ce que je comptais faire.

Pendant quelques jours, je me suis posée la question : et si je n’en avais plus besoin ? Est-ce que je pourrais m’en sortir sans appareils ? Est-ce que ce serait une bonne idée ?

Premières décisions

Ma première décision a été de répondre à cette question. J’ai dû mettre une semaine avant de vraiment me dire que si, quand même, je n’allais pas arrêter là l’aventure de l’appareillage auditif. Plusieurs éléments ont eu du poids dans cette décision. D’abord, j’ai eu une rentrée d’argent inattendue. Cela m’a permis d’appréhender la dépense énorme que représentent deux appareils auditifs neufs avec un peu plus de sérénité. Ensuite, j’ai imaginé la possibilité de me débrouiller sans appareils du tout, à aucun moment, dans aucune situation. Et le désarroi que j’ai ressenti m’a montré assez clairement que ce n’était pas une bonne idée de me passer d’appareils complètement. Et enfin, ma geek intérieure était très curieuse de l’évolution de la technologie en cinq ans. Je voulais découvrir de première main ce qui s’était amélioré et affiné depuis mon dernier appareillage.

Donc première décision : oui !!

Et ensuite s’est posée la question : comment ? Est-ce que je retourne chez mon audioprothésiste chez qui je vais depuis 8 ans ? Je le connais bien, ça m’évite de devoir établir une nouvelle relation avec un autre professionnel. Et en plus, il me propose des accessoires qui me permettront d’effectuer des réglages à distance, ce qui m’éviterait de retourner tout le temps à Bordeaux. Et il me propose le nec plus ultra de la marque avec laquelle il travaille à un prix défiant toute concurrence.

Je vous raconterai la suite de mon parcours dans mon prochain article, d’ici quelques jours !!

Entendre, ou comprendre ?

oreille-écoute

Un audiogramme, c’est simple.

Prenez six fréquences des graves aux aigus, voyez à quel nombre de décibels chaque fréquence est perçue, et voilà.

Mais quand on est dans le cagibi, en train de passer le test, le casque sur les oreilles, ce n’est pas si facile de dire à quel moment on entend chaque fréquence.

Le médecin fait tourner sa molette, l’oeil de plus en plus inquiet au fur et à mesure qu’il la tourne, tandis qu’on reste inerte sur le fauteuil, à se demander si le vague couinement qu’on entend est un acouphène ou si c’est bien la fréquence qu’on est censé entendre.

Après ce test-là, on sait si on a perdu 10, 20 ou 50 % de son audition, grâce à un calcul savant d’après un algorithme, qui apparaît en petit sur un coin de la feuille.

C’est rassurant de pouvoir mettre un chiffre sur son audition.

J’ai perdu 30%, ou 50% des deux oreilles. 80% d’une oreille, 30% de l’autre. Cela semble vouloir dire quelque chose, et notre interlocuteur va faire un Oh ou Ah plein d’empathie, et on aura l’impression d’avoir été compris.

Audiogramme

Un exemple d’audiogramme. Les deux graphiques du haut : fréquences pour oreilles gauche et droite (les fréquences sont en haut, en Hz, les dB sur le côté. On lit donc : le son de 500 Hz est perçu à 60dB d’une oreille et à 50dB de l’autre). En bas à gauche : pourcentage de perte calculée d’après un algorithme obscur. En bas à droite : résultats du test de compréhension (les dB sont en bas, les pourcentages sur le côté. On lit : 100% de mots compris à 70 dB, 0% à 40 dB).

Mais en fait, cela ne signifie pas grand chose.

Car ce qui importe, ce ne sont pas les sons que l’on perçoit.

Ce sont les mots que l’on comprend.

Et cette compréhension est aussi testée lors d’un audiogramme. C’est d’ailleurs la partie du test que je redoute le plus.

Des mots sont prononcés par une voix d’homme ou de femme, dans une oreille, puis dans l’autre, d’abord tout doucement, puis de plus en plus fort, et on doit les répéter. Ou du moins, on doit répéter ce que l’on comprend.

Il y a certains mots que je ne comprends pas du tout : impossible de répéter quoi que ce soit. Puis, le son augmente, et il y a certains mots que je crois comprendre, mais je n’en suis pas sûre. Je répète, mais entre le vallon et le ballon, le poteau et le bouton, ce n’est pas évident. Alors je choisis un mot et je le dis, sachant que c’était peut-être l’autre en fait (ou un troisième auquel je n’aurais pas pensé).

Une difficulté supplémentaire provient du fait que les mots ne sont pas tous dans le même registre linguistique, et que certains sont vieillots ou peu usités (par moi en tout cas). Une liste type peut inclure des mots comme « le tripot », « le saindoux », « le bambin », « le défi », et « le brigand ». Qui parle encore de tripot et de brigand dans le langage courant ? Du coup, la tendance est forte, même si j’ai bien entendu le mot, de le modifier pour dire quelque chose de plus acceptable dans le langage courant.

Ce test-là montre vraiment ma compréhension auditive à l’état brut.

Plus on est malentendant, et plus il faut de décibels pour qu’on parvienne à comprendre ces mots correctement (sans aide visuelle, bien sûr). Et on arrive à un stade où, même avec un volume élevé, on ne comprend pas tous les mots.

Après, j’ai de la chance. Ma compréhension est plutôt bonne. Ce qui fait que je peux avoir une conversation avec quelqu’un, dans un milieu calme, sans appareils. (Et des fois je les oublie, sauf que quand je me retrouve en ville ou dans un environnement bruyant, je le regrette bien…)

D’autres personnes, avec une perte similaire à la mienne, peuvent n’avoir aucune compréhension sans leurs appareils. Et peut-être que d’autres s’en sortent encore mieux que moi sans appareils !

Pourquoi cette différence ?

Aucune idée.

Peut-être que c’est plus facile de garder une meilleure compréhension si on se fait appareiller le plus tôt possible. Plus la surdité est importante au moment de l’appareillage, et plus c’est difficile pour le cerveau de s’adapter à un volume d’audition « normal ».

J’imagine aussi qu’un cerveau plus jeune aura moins de mal à garder l’élasticité nécessaire à la compréhension qu’un cerveau plus âgé.

Mais en fait, les raisons de cette différence m’échappent. Chaque surdité est différente, c’est sûr, et cela affecte énormément la capacité de compréhension, qui va varier d’une personne à l’autre.

Une chose est sûre, ce n’est pas parce que j’entends un son que je le comprends.

Il y a des jours où ma compréhension est moins bonne que d’autres. Ma moitié me fait alors remarquer que j’entends vraiment mal, ce jour-là. Mais en fait, ce n’est pas que j’entends mal, c’est que je comprends mal. Du son parvient à mes oreilles, mais pas les mots. C’est comme si on me disait quelque chose du genre : « Glou biblou bam ripe ». Aucun sens.

Quelquefois, c’est parce que j’ai plus d’acouphènes ce jour-là, et j’ai l’impression d’avoir la tête dans un brouillard. Ou bien, je suis fatiguée, ou préoccupée, et j’ai du mal à me concentrer. Et il y a des jours où je n’ai aucune idée de la raison, mais je comprends juste vraiment moins bien.

Quand on perd l’audition, c’est la compréhension qui part en premier. On a l’impression, tout à coup, que tout le monde marmonne ou parle dans sa barbe. C’est pour cela qu’on ne se rend pas compte qu’on a perdu de l’audition (et qu’on accuse les autres, en passant) !  Parce que les sons, on les entend toujours ! Mais leur sens est de plus en plus difficile à décoder.

Et vous, quelle est votre expérience de la perte auditive ? Comment percevez-vous les sons ? Ou comment avez-vous remarqué qu’un de vos proche avait perdu de l’audition ?